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Marathon : les conseils de Haile Gebreselassie

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Pour Ilosport, la légende éthiopienne Haile Gebreselassie, ancien recordman planétaire du marathon, livre ses conseils pour mieux courir. Entre autres anecdotes running.

Haile Gebreselassie. (D.R)
(Crédit : adidas)

Toujours le même sourire. Toujours la même ligne. À 43 ans, l’Ethiopien Haile Gebreselassie prêche la bonne parole. Son palmarès (double champion olympique du 10 000 mètres à Atlanta (1996) et Sydney (2000), quadruple champion du monde en plein air, 27 records du monde dont deux sur le marathon) ne lui a jamais fait tourner la tête. C’est même lui qui s’excuse, en début d’interview, pour son accent anglais.

«Haile Gebreselassie, quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite se mettre ou se remettre au running ?

Au début, c’est dur, c’est vrai. Les deux, trois premières semaines, et même le premier mois, on va trouver toutes les excuses possibles : il fait froid, il ne fait pas beau… Mais après ces quatre semaines-là, c’est le running qui va vous pousser, ce sont vos jambes qui vont vous pousser. Ça se transforme en habitude et on devient "addict".

Une machine, si vous ne l’utilisez pas pendant un certain temps, elle sera rouillée quand vous vous en servirez de nouveau. Elle a besoin d’un peu d’huile (sourire). C’est pareil pour le corps humain. Vous n’avez pas besoin de courir un marathon, mais simplement de marcher, faire de l’exercice… Je le vois dans mon pays : aujourd'hui, dans toutes les écoles, les enfants doivent pratiquer une activité physique. Le problème, chez nous, c’est qu’il n’y a pas suffisamment d’espace. 

En France, les espaces sportifs ne manquent pas. Et ils sont souvent bien remplis... Comprenez-vous cette effervescence autour du running ?

«On a besoin de 20, 30 minutes par jour de running pour reprendre le contrôle»

Aujourd’hui, tout le monde court, ça fait partie du mode de vie actuel. Ce n’était pas le cas chez nos parents, grands-parents ou arrière grands-parents. Ils n’ont peut-être jamais couru de leur vie. Mais pour autant, combien de personnes, aujourd’hui, vont du premier au deuxième étage en prenant les escaliers ? Peu, la majorité se sert de l’ascenseur. Au bureau, on ne lâche pas notre chaise à roulettes : on va de l’ordinateur à l’autre bureau avec (il mime). Pour un ou deux kilomètres à faire, on appelle le taxi. La technologie nous apporte tout. Mais elle nous apporte aussi du stress, de la fatigue, de la sédentarité…

Le running, c’est un sport qui est fait pour tout le monde, et c’est le meilleur moyen de se débarrasser de tout ça, de transpirer. On a besoin de 20, 30 minutes par jour pour reprendre le contrôle. Partout dans le monde, c’est pareil. Parce que c’est fashion ? Non. Parce que les gens ont compris qu’il valait mieux faire du sport que d’aller à l’hôpital ou prendre des médicaments.

Combien de kilomètres courez-vous par semaine ?

Haile Gebreselassie. (D.R)
(Crédit : adidas)

Aujourd’hui encore, je cours tous les jours. Généralement, je vais dans la forêt le matin. Avant, quand je préparais des marathons, je faisais 30, 35 kilomètres. Maintenant, c’est entre 10 et 15. Si je pousse un peu, j’ai besoin de massages… Quand j’étais encore en activité, c’était très rapide au niveau de ma récupération. Désormais, ma voiture est plus souvent au garage (rires) !

Quels conseils pourriez-vous donner à quelqu’un qui va disputer un marathon ?

«Je conseille d'attendre d'avoir au moins 23, 24 ans pour disputer son premier marathon»

Sur une piste d’athlétisme, le départ, c’est la ligne de départ. Sur le marathon, le départ, c’est la ligne d’arrivée (sourire). Ce que je veux dire, c’est qu’il faut être patient et tout calculer. Calculer le temps qu’il va falloir faire, qu’on va pouvoir faire, regarder ses adversaires, voir s’ils sont fatigués, savoir à quel moment il faudra repousser ses limites, attaquer…

Pour son premier marathon, il ne faut ne pas se dire que c’est trop long. C’est juste un 42 kilomètres (42, 195 exactement, ndlr). Il ne faut pas penser « je dois finir » mais seulement apprendre la distance. La vraie course débute toujours après le 30e kilomètre.

Cette discipline, il ne faut pas s’y mettre trop tôt. Je vois de jeunes Kényans ou Ethiopiens claquer des performances vers 18, 19, 20 ans. C’est trop tôt ! Je le leur dis d’ailleurs, mais ils ne m’écoutent pas. A mon époque, si l’on avait moins de 25 ans, il était interdit de courir un marathon. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Certains viennent me voir en me disant : « Haile, vous avez vu comme je vais vite ! » Le problème, c’est qu’ils se brûlent les ailes et qu’après, le plus souvent, je ne les vois plus. C’est très dur physiquement, je conseille d’attendre d’avoir au moins 23, 24 ans.

Autre chose : courir des marathons toutes les années, ce n’est pas bon non plus. Et dix ans après ses débuts, ça ne sert à rien de comparer ses chronos. Parfois, j’entends : « Il y a dix ans, je faisais tel temps, aujourd’hui je n’y arrive plus. » OK, mais pour moi, le temps que tu fais aujourd’hui, par rapport à ton âge, ton corps, etc., c’est bien mieux que celui que tu faisais avant, même si le chrono indique que tu as mis plus de temps.  

Un dernier conseil : je n’ai jamais couru une course avec une paire de chaussures que je n’avais pas testées. Même pour un 1500 mètres, c’est très important. C’est une grossière erreur que l’on peut facilement éviter.» 

Propos recueillis par Julien GIOVANELLA

Toutes les infos sur le Schneider Electric Marathon de Paris sur www.schneiderelectricparismarathon.com/fr

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